Non, les distributeurs Francais n’ont pas a craindre Amazon (source : www.lesechos.fr)

de | 12 janvier 2018

Amazon s’est lancé dans la livraison de produits frais, et certains supermarchés français craignent que le géant américain du web n’empiète sur le secteur

L’année 2017 restera sans conteste celle du virage stratégique amorcé par Amazon dans la distribution alimentaire avec le rachat de Whole Foods . On peut aisément comprendre cet investissement coûteux tant la fréquence d’achat dans l’alimentaire est importante et doit permettre d’accroître le trafic sur le site du géant américain.

L’Europe et la France constituent des marchés alimentaires attractifs compte tenu de leur taille et du revenu moyen de leur population. Les distributeurs français doivent-ils s’inquiéter des ambitions croissantes d’Amazon sur leur territoire national ? Cette question est devenue quasi obsessionnelle pour les spécialistes du secteur qui anticipent déjà une victoire écrasante du géant de Seattle.

Un marché déjà ultra-compétitif
Amazon dispose bel et bien de moyens financiers colossaux comme le prouve le montant investi pour acquérir le distributeur bio Whole Foods : près de 14 milliards de dollars, l’équivalent de la capitalisation boursière de Carrefour, et deux fois plus que celle de Casino !
Jeff Bezos bénéficie également d’une latitude de ses actionnaires pour pouvoir perdre de l’argent afin d’apprivoiser certains marchés, ce qui peut faire craindre le pire en termes de guerre des prix sur un marché déjà ultra-compétitif et en déflation depuis plusieurs annéesCertains experts imaginent donc mal comment les Astérix de la distribution française pourraient peser face à un envahisseur américain qui a déjà conquis en un temps record le marché du non-alimentaire français, en accélérant la chute de Virgin ou de Surcouf.

Mais n’enterrons pas trop vite nos Carrefour, Auchan, Intermarché, Casino, Leclerc et autres. A l’image de nos banques, les distributeurs français sont parmi les plus solides au monde. Ils ont presque tous une taille critique, sont rentables et internationaux avec des présences sur des marchés émergents, au Brésil pour Carrefour et Casino, en Russie et en Chine pour Auchan, pleines de promesse.

Le précédent du hard-discount

Ce n’est pas la première fois que les distributeurs français sont attaqués sur leur marché national. Tesco s’y est essayé sans trop de succès dans les années 1990 après le rachat du groupe Catteau.
Surtout, l’arrivée des hard-discounters allemands, Aldi et Lidl, à la même époque avait généré une frayeur comparable à celle de la menace représentée par Amazon aujourd’hui. Or, la principale barrière à l’entrée du marché français réside dans ses très bas prix qui rendent compliquée l’arrivée d’un nouvel intervenant. C’est ce facteur qui a empêché les deux hard-discounters de conquérir le marché français.
Pour pouvoir amorcer son développement en France, Amazon aura donc nécessairement besoin de disposer d’un pouvoir d’achat local pour bénéficier de conditions favorables et d’un outil logistique national. Cela explique que l’américain ait tenté de contacter la plupart des acteurs nationaux pour leur proposer un partenariat, voire plus si affinités…

en savoir plus : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0301072506538-non-les-distributeurs-francais-nont-pas-a-craindre-amazon-2142615.php

 

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