EURO NAT : bâtir la bio de demain !

Euronat Siége

« Se remettre en question en permanence » est la première phrase qui vient à l’esprit de Didier Perréol, le PDG fondateur d’Euro Nat, la société installée à Peaugres, dans les paysages verdoyants de l’Ardèche, près d’Annonay. Un écrin de nature qui convient parfaitement à cette dynamique entreprise dont toutes les valeurs renvoient immanquablement au terroir et à cette authenticité de vie que l’on respire à pleins poumons dans cette région. Voyage de découverte…

Tant qu’à faire, le faire bien et avec passion

Didier Perréol aime à se présenter comme un autodidacte. Mais il y a bien au départ un Capture d’écran 2014-09-16 à 18.22.07diplôme, un BTA agricole – rien d’étonnant pour un fils d’agriculteur – formation qui le fait débuter comme technico-commercial dans l’alimentation du bétail, métier qui ne le fait pas s’éloigner de la terre, de la nature et du terroir. Mais un terroir dont la fragilité apparaît à ses yeux grâce à son épouse d’alors, qui lui fait découvrir les premiers produits bio.

La conséquence : l’ouverture Bio Nature à Annonay,
un magasin bio. Un pari, car nous sommes en 1981, en plein balbutiement des premiers cahiers des charges bio. Mais quand on a des convictions et qu’on est dans le vrai, le succès est au rendez-vous : non seulement ce magasin existe encore, mais au final quatre magasins furent même créés.

Mais faire en sorte que plus de clients dans plus de magasins puissent profiter de bons produits, c’est mieux que de le faire dans quatre magasins. La passion pour ces produits et pour le commercial mène ainsi à la naissance, en 1988, de la SàRL Euro Nat, dont le nom traduit à la fois l’ouverture vers l’extérieur et un ancrage dans cette nature où il y a tant à faire découvrir. Sa vocation : distribuer des produits bio d’épicerie sèche pour le réseau spécialisé. Parmi les premiers produits au catalogue, déjà céréales, légumineuses et même ces châtaignes qui sont toujours une des signatures de la société.

Le début d’un engrenage, véritable « cercle vertueux », qui amène au final Didier Perréol à la tête, non seulement d’Euro Nat devenue une SA au CA de plus de 58 millions d’Euros en 2012, mais aussi d’Ekibio, groupe qui complète les activités d’Euro Nat avec les sociétés Territoire, Nicolas, Sopadiet, Biocamargue, Biocoton, Terrethic et Jatariy en Bolivie. Au total près de 64 millions d’Euros de CA, grâce aux compétences de près de 200 collaborateurs.

Juste une aventure industrielle de plus ? C’est mal connaître Didier. En 2000, il fait partie des membres fondateurs de Bioconvergence, réseau rhône-alpin des TPE/PME de la transformation et de la distribution qui œuvrent pour le développement de la Bio. Après en avoir été le président, il en est le vice-président depuis 2007. En 2002 il est aussi un des fondateurs de Bio Partenaire, association qui réunit des PME de la bio soucieuses de produire selon des critères de développement durable et/ou solidaire. Il en est le président depuis 2011, après en avoir été le vice-président. Et puisque quand on aime on ne compte pas, il est aussi vice-président de Synabio depuis 2004, et de l’Agence Bio depuis 2009, dont il a été le président de 2006 à 2008. Et autour de lui, c’est toute une entreprise engagée et militante qui se profile.

Innover pour convaincre et séduire

En 1990 Didier Perréol fut le premier à souligner l’intérêt du quinoa, qualifié à l’époque de « graine à oiseaux ». Depuis, ce quinoa bio, qu’Euro Nat a fait découvrir aux Européens, est devenu l’emblème de l’esprit défricheur de Priméal, une des marques phares d’Euro Nat. Décliné sous de nombreuses formes, devenu une vraie gamme, son apparition au catalogue fut un tournant dans l’essor de l’activité. « Mais je n’oublie pas que si le quinoa a réussi, c’est aussi grâce au circuit des magasins bio qui ont adhéré à l’idée », précise Didier Perréol.

Ce rôle de défricheur ne s’arrête pas là. Au palmarès d’Euro Nat figurent entre autres le riz de Camargue, proposé aussi sous différentes formes, comme les galettes, ou encore la châtaigne d’Ardèche, en farine, crème, fruit, incluse aussi dans la fabrication de certains biscuits et pâtes, et le petit épeautre de Haute-Provence. Euro Nat a d’ailleurs reçu en 2012 le Trophée d’Excellence Bio pour le Boulgour de Petit Épeautre, car « pratique à l’emploi pour le consommateur, facteur de développement de la filière du petit épeautre sur une base solidaire, dans une région de moyenne montagne ».Capture d’écran 2014-09-16 à 18.22.44

Pratique à l’emploi ? C’est justement un axe d’innovation d’Euro Nat, sans oublier l’aspect plaisir voire ludique car, souligne Didier Perréol, « la bio peut et doit être joyeuse ». Claudine Demay, directrice de l’innovation et aussi fin cordon bleu, une des plus anciennes dans l’entreprise, précise : « Nous cherchons à créer des produits simples, bons, équilibrés et pas enrichis avec toujours à l’esprit le souci de praticité ». Des exemples ? Les pâtes aromatisées et/ou aux épices, aux huiles essentielles, comme les tortils au citron et au safran, les spaghettis quinoa à la tomate, les spirales vertes au basilic, etc. Même créativité, au hasard, avec les biscuits Bisson « Création », au miel de Galice, à la cannelle du Kerala ou aux pépites de fruits rouges. Des biscuits dont l’emballage un rien provocateur – représentant un vélo – participe au côté ludique évoqué.Capture d’écran 2014-09-16 à 18.22.26

Le côté pratique se traduit de son côté par le concept « Vite un… » (Vite un Gâteau, Vite une Gaufre…). Parfois aussi, un… grain de poésie ne manque pas, comme avec une des dernières créations de Claudine Demay, le couscous aux fleurs, savoureux, tendance et donc poétique. Bien loin de la bio classique et conventionnelle !

L’homme au cœur de l’entreprise

Si on trouve dans les marques du groupe du quinoa de Bolivie, du karité du Bénin ou du goji de Mongolie, et donc le petit épeautre de Haute-Provence, le riz de Camargue et la châtaigne d’Ardèche, il y a aussi les lentilles vertes ou de Champagne et bien d’autres productions hexagonales. La marque Le Pain des Fleurs utilise ainsi 500 t de sarrasin par an, Capture d’écran 2014-09-16 à 18.23.12majoritairement de France, et Euro Nat est une des rares marques à employer du millet français. Une façon claire de faire de la bio équitable et solidaire, en rendant l’agriculture pérenne grâce à des produits meilleurs pour la santé, déjà celle des agriculteurs. C’est « l’esprit de filière » cher à Didier Perréol, pour protéger la biodiversité et les terroirs, et créer une relation privilégiée avec le monde agricole.Capture d’écran 2014-09-16 à 18.22.58

Dans cette aventure, les hommes et femmes sont toujours au centre : « Il est facile de faire du bio, mais il y a aussi la manière de le faire » affirme Didier. Et ses collaborateurs ne sont pas oubliés : bâtiments construits selon les normes Haute Qualité Environnementale et les principes du Feng Shui, cantine Bio, amélioration de l’ergonomie au travail, séances avec un kinésithérapeute réputé, tout est fait pour créer un véritable confort et même une joie de vivre dans l’entreprise.  « C’est une façon d’aller plus loin pour que ce soit un plaisir et un honneur de faire des produits sains » ajoute-t-il. « Le profit ce n’est pas le bénéfice net, c’est aussi l’impact sur l’environnement, le social, la réussite d’une équipe composée d’hommes et de femmes ». Cet environnement a pour conséquence une réelle convivialité, une spontanéité et une pensée positive dans l’entreprise, dont les autres bénéficiaires sont bien sûr les clients de la société. Le « partenariat avec les clients » est donc une réalité, qui se traduit aussi par le même binôme commercial terrain et assistant commercial pour un client donné.

La tête dans les étoiles….

Avec de telles valeurs, on regarde loin. Etre le leader du sec avec Priméal, Bisson, Le Pain des Fleurs, Ma Vie Sans Gluten… et proposer un catalogue de plus de 2.000 références qui permet de couvrir la plupart des besoins d’un magasin, ainsi qu’une logistique performante n’est pas une fin en soi. L’innovation reste un moteur essentiel et demain verra par exemple de nouvelles gammes de snacking car la consommation nomade prend de l’importance et il faut donner la possibilité de grignoter sain.

Au-delà des produits, le but est d’amener à de nouveaux comportements de consommation, de faire revenir à des produits plus végétaux, car notre mode de vie actuel ne permettra pas de nourrir toute la planète  : « Il faut revoir ce que nous avons dans notre assiette. Et la production agricole française à un atout important à jouer », affirme Didier Perréol.

Dans cette prise de conscience, l’entreprise donne l’exemple bien sûr, avec une attention particulière portée au gaspillage éventuel et au recyclage, à la réduction de la consommation énergétique, à l’impact l’environnemental des emballages.

Et parce qu’une entreprise, soupçonnée d’avoir toujours quelque chose à vendre, n’est souvent pas écoutée, la philosophie d’Euro Nat et du groupe Ekibio se prolonge avec la Fondation Nature Vivante. Son but : sensibiliser et mobiliser citoyens, pouvoirs publics et acteurs privés, collecter des dons pour soutenir des projets liés à l’éducation à l’environnement, à la protection de la biodiversité, à la promotion de l’agriculture bio… Le point d’orgue : ses rencontres annuelles, véritables « anti-Davos » de la bio… Euro Nat est né avec les pieds dans la terre, mais vit avec la tête dans les étoiles.

Partenariat signifie aussi service. Avec par exemple le catalogue, un des plus beaux du circuit, véritable «  livre de chevet » attendu avec impatience. Outil pratique et utile, il contient en effet non seulement tout ce qu’il faut savoir sur les nouveautés, mais aussi une foule d’informations, comme celles sur les «  filières », comment travailler le vrac, etc.

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