BIO : la flandre est à la traîne par rapport à la wallonie (http://www.gondola.be)

de | 17 mai 2019

Le marché belge du bio a augmenté de 15 % au cours de l’année écoulée. Cette croissance est principalement due à la Wallonie. La Flandre, par contre, se situe loin derrière. En outre, la part de marché des produits biologiques est également passée de 3,3 à 3,9 %, et le supermarché classique reste toujours le canal de vente le plus important (36 %) en la matière, bien que le magasin spécialisé suit celui-ci de près. C’est ce qui ressort des chiffres fournis par GfK pour le VLAM.

Le bio est en hausse. C’est ce qui ressort des chiffres récents de GfK, qui a effectué des recherches sur les achats d’aliments frais (y compris les produits surgelés et les produits d’épicerie tels que les céréales pour petit déjeuner, le riz, les pâtes sèches, les vins et la bière) auprès de 5 000 ménages belges, pour le VLAM. L’année dernière, les ménages belges ont dépensé 760 millions d’euros en produits biologiques. C’est 15 % de plus qu’en 2017. De ce montant, 38 %, soit 289 millions d’euros, provient de Flandre. Un résultat décevant, car la Flandre reste en-deçà des attentes. De même, le nord reste loin derrière la Wallonie en la matière.

La croissance des dépenses en bio est toutefois supérieure de 1,1 % à celle des dépenses alimentaires totales. La hausse du bio s’explique principalement par l’expansion en Wallonie et une fréquence d’achat plus élevée (+1 acte d’achat/an) qui contraste avec la fréquence d’achat décroissante (-4 actes d’achat/an) des produits ‘traditionnels’.

Fait notable : les consommateurs sont prêts à dépenser toujours plus pour des produits biologiques.  La dépense en produits bio par habitant est passée, l’année dernière, à 46 euros. En termes de dépenses par habitant, les produits laitiers biologiques et les légumes biologiques occupent les deux premières places. La première place est occupée par les produits laitiers biologiques avec 9,54 euros par habitant, suivis par les légumes biologiques avec 8,32 euros. Viennent ensuite les fruits (6,69 euros), la viande/volaille (5,69 euros), les œufs avec 2,61 euros, le pain avec 2,27 euros, les pommes de terre avec 1,56 euros et les produits carnés avec 1,53 euros. Les substituts de viande (0,99 euro) et les substituts de produits laitiers (0,59 euro) ferment le classement.

Le nombre de produits biologiques a également augmenté à 13.000 l’an dernier. Il y a maintenant davantage de produits biologiques transformés et préemballés en magasins.

La Flandre est à la traîne

En 2018, la catégorie des produits frais biologiques en Belgique a progressé de 18 %. Cette croissance est particulièrement imputable à la Wallonie, avec +40 %. Dans la région bruxelloise, en forte croissance en 2016, la croissance est restée modeste l’an dernier (+5 %). En Flandre, le phénomène est resté localisé et la région est  à la traîne par rapport à la Wallonie, tant en chiffres absolus que relatifs. Ainsi, les dépenses en Flandre ont doublé entre 2008 et 2018, tandis que celles en Wallonie et à Bruxelles ont triplé sur la même période.

Les principaux secteurs de croissance en 2018 par rapport à 2017 sont les œufs, la viande (y compris les produits carnés) et les produits laitiers. Les produits biologiques transformés : pizzas, quiches et plats cuisinés se sont bien comportés. Le riz et la bière biologiques se sont également très bien comportés l’an dernier. Les plus grands perdants ont été les substituts de lait et de viande, ainsi que le vin. Sur le long terme, le grand gagnant est la catégorie ‘poissons, mollusques et crustacés’.

Les “pommes de terre, fruits et légumes” constituent la catégorie bio la plus importante.

De manière générale, les pommes de terre, fruits et légumes biologiques sont les plus couramment achetés. Ces produits représentent 40 % du montant total des dépenses en bio. En matière de produits conventionnels, cette part ne représente que 23 %. La catégorie “viande, poisson et œufs” représente quant à elle un quart des dépenses biologiques. Cependant, cette catégorie est beaucoup plus importante pour les produits conventionnels (40 %). La part des produits laitiers fluctue autour de 20 %, tant pour les produits biologiques que pour les produits conventionnels. Les produits céréaliers représentent 12 % des produits biologiques et 9 % des produits conventionnels. Enfin, le vin et la bière représentent 3 % de l’assortiment de produits biologiques, comparativement à 9 % pour les produits conventionnels.

9 consommateurs sur 10 achètent des produits biologiques au moins une fois par an

Le nombre d’acheteurs qui achètent un produit biologique frais au moins une fois par an reste à un niveau très élevé avec 9 consommateurs sur 10. Les dépenses en bio sont réalisées à 60 % par les acheteurs bio fréquents qui achètent des produits bio au moins une fois par semaine. Ce groupe représente 11 % des acheteurs.

Au sein des groupes de produits, il existe de grandes différences dans le nombre d’acheteurs. L’an dernier, le nombre d’acheteurs de produits biologiques est demeuré stable ou a légèrement augmenté pour toutes les catégories. Les acheteurs de légumes biologiques constituent de loin le groupe le plus important. 71 % des ménages belges achètent parfois des légumes biologiques. En deuxième position, on trouve les fruits avec 51 acheteurs sur 100, suivis par les produits laitiers (49 %). Depuis 2005, le nombre d’acheteurs de fruits a plus que doublé. Le nombre d’acheteurs d’œufs biologiques est en quatrième position avec 33 % et est en hausse. La plus forte croissance a été enregistrée pour les pommes de terre biologiques. Depuis 2005, le nombre d’acheteurs a quadruplé, passant de 5 à 22 sur 100. Au bas de la liste se trouve la catégorie des viandes et volailles, qui a réussi à attirer un grand nombre de nouveaux acheteurs de produits biologiques entre 2005 et 2010, mais qui s’est moins bien comportée par la suite et se stabilise maintenant. La liste est clôturée par les substituts de viande avec 10 acheteurs sur 100.

La part de marché des produits biologiques augmente et varie considérablement d’un produit à l’autre

La part de marché des produits frais biologiques en Belgique reste limitée, mais elle augmente régulièrement et s’élève aujourd’hui à 3,9 %. Toutefois, la part de marché des produits biologiques varie considérablement d’un produit à l’autre. Les substituts de viande détiennent la plus grande part de marché avec 27 %. Viennent ensuite œufs (18,1 %) qui enregistrent la plus grande croissance de pdm. On notera encore les parts de marché suivantes : 8,7 % pour les légumes, 5,4 % pour les fruits et 6,5 % pour les pommes de terre. Le pain et les produits laitiers se situent autour de la moyenne avec une part de marché de 4,2 % et 3,8 % respectivement. Viande et volaille sont en-deçà de la moyenne.

La part de marché du bio en Flandre est restée stable l’année dernière, creusant l’écart avec la Wallonie. Dans le sud du pays, cette part s’élève à plus de 6 %, tandis que la Flandre atteint 2,5 %.

Qui sont les consommateurs du bio ?

En chiffres absolus, les familles aisées avec enfants et les retraités aisés constituent le groupe d’acheteurs biologiques le plus important. Ensemble, ils sont responsables de la moitié des dépenses bio, tandis qu’ils représentent 39 % de la population.

Les magasins spécialisés gagnent en importance

Le supermarché classique (Dis 1) a perdu du terrain depuis 2008, mais reste le principal canal de distribution de produits biologiques, avec 36 % de part de marché. Les chaînes spécialisées arrivent en deuxième position avec une part d’environ 33 %. Le supermarché de proximité est le troisième canal le plus important pour les aliments biologiques avec une part de marché de 14 %. Le hard discount suit avec une part de marché de 10 %, mais c’est le canal qui connaît la plus forte croissance à long terme. Les ventes directes (à la ferme et au marché de producteurs) et le marché public fluctuent autour de 5 % de part de marché.

Le bio est 1/3 plus cher que le conventionnel

Enfin, les produits frais biologiques sont en moyenne un tiers plus chers que les produits conventionnels. Il existe cependant de grandes différences par produit. La plus grande différence se situe au niveau des œufs. Un œuf biologique coûte presque deux fois plus cher qu’un œuf de plein air standard, mais la différence de prix tend à se réduire. La plus petite différence de prix concerne les substituts de viande. Ici, la variante biologique n’est que 16 % plus chère que le produit habituel.

Auteur :  Carole Boelen

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