Clairette de Die : la bataille du bio (Source : www.rue89lyon.fr)

de | 14 novembre 2019

La clairette de Die est le vin effervescent français qui compte la plus grande production en bio. Les conversions continuent. Mais la cave coopérative ultra dominante freine, invoquant des ventes qui plafonnent. Elle baisse le prix d’achat du raisin bio et a récemment refusé une viticultrice en conversion. Comment alors continuer le développement du vignoble bio ?

Attablé à la terrasse d’un bar, vous commanderez peut-être un spritz à base de prosecco. Pour marquer le coup, vous sortirez certainement une bouteille de champagne. La clairette de Die arrive loin derrière dans les habitudes de consommation de vin effervescent.

Là où les bulles de la Drôme se démarquent en revanche, c’est dans la production : environ 20 % de ce petit vignoble (1700 ha) est en bio. Une proportion quasi unique toutes AOC confondues.

Une cave coopérative qui primait le bio

Coincées dans la vallée de la Drôme, entre le Vercors et la montagne de Saoû, les vignes s’étalent de Saillans aux communes situées à l’est de la petite ville de Die. Terre des pionniers de l’agriculture biologique, la vallée de la Drôme connaît depuis les années 80 une augmentation régulière de la production viticole AB.

Carte de l’AOC Clairette de Die. Capture d’écran ODG.

C’est au sein de l’ultra dominante cave coopérative, aujourd’hui appelée Jaillance, que le bio s’est le plus développé.

Aidés par des vignerons pionniers, comme le père de Thomas Achard (lire par ailleurs notre portait), les viticulteurs coopérateurs ont appris les rudiments.

Dans les années 2000, pour développer le bio, la cave versait une prime à la conversion. C’est à partir de cette date que la direction de la cave a mis en place un tarif majoré pour le raisin bio. Autrement dit, la cave coopérative a pris en compte le surcroît de travail engendré par l’absence d’utilisation des pesticides de synthèse.

La différence était d’environ 20 centimes par rapport raisin « conventionnel ». Ce qui fixait le kilo de raisin bio à environ 1,40 euro. Les hectares de vignes labellisée AB se sont multipliés.

Aujourd’hui, la cave Jaillance pèse 298 ha en bio, soit 25 % des 1180 ha de vignes liées à la coopérative.

« Crise structurelle du bio »

En 2012, premier coup d’arrêt pour le bio. C’est l’année où les ventes globales de clairette de Die connaissent un premier stop.

Pour Sylvain Thévenet, viticulteur bio à Saillans et membre du conseil d’administration de Jaillance, il s’agit du début d’une « crise structurelle » résumée ainsi :

« Nous avons beaucoup de surfaces mais les marchés ne se développent pas autant. »

Les différents acteurs que nous avons interrogés pointent deux causes majeures  :

  • la concurrence du prosecco, le pétillant italien au moins 30 % moins cher
  • la baisse globale des ventes de vin.

Dans la famille des vins effervescents, « le champagne éternue et la clairette s’enrhume », lance un viticulteur du Diois.
La clairette résiste pourtant un peu mieux que les autres vins effervescents et les ventes de bio continuent d’augmenter. Particulièrement dans la grande distribution où Jaillance réalise l’immense majorité de ses ventes. En 2018, le million de bouteilles bio vendues a été franchi. Ce qui représente 60 % des ventes de vins effervescents AB.

Mais, à écouter, le directeur général de Jaillance, Jean-Louis Bergès, ce n’est pas suffisant pour absorber la production bio :

« Depuis 4/5 ans, la grande distribution verdit son offre et veut plus de bio. Nous sommes davantage référencés, ce qui fait mécaniquement progresser nos ventes. Mais à la caisse, les clients n’achètent pas plus de vin. »

Pour lui, les perspectives ne sont pas particulièrement bonnes … Suite :  https://www.rue89lyon.fr/2019/11/07/clairette-de-die-la-bataille-du-bio/

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