La Fnab et la Confédération paysanne quittent le Comité bio d’Interfel

de | 28 mai 2019

La Fnab et la Confédération paysanne annoncent dans un communiqué commun leur départ du comité bio d’Interfel suite à l’élection de Bruno Vila (représentant de Légumes de France et président de Rougeline) comme co-rapporteur représentant les producteurs du Comité bio d’Interfel.

 

Refus d’une agriculture biologique industrialisée

« Le comité bio de l’interprofession des fruits et légumes a élu comme co-rapporteur un défenseur affiché d’une agriculture biologique industrialisée, poussant notamment un recours sans restriction au chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio à contre saison, en contradiction totale avec le règlement biologique européen » , souligne ce communiqué qui rappelle que : « depuis plusieurs mois, la Fnab, aux côtés des acteurs de l’économie bio que sont Forébio (fédération des organisations économiques de producteurs 100 % bio), le Synabio (syndicat des transformateurs et distributeurs bio) et Biocoop, se bat pour empêcher le recours au chauffage en agriculture bio conformément au règlement européen qui stipule que la production biologique doit respecter le cycle des saisons et faire un usage raisonné de l’énergie ».

Défendre une bio exigeante  

Pour Mathieu Lancry, président de la coopérative 100 % bio Norabio, et candidat pour la Confédération paysanne à ce poste de co-rapporteur : « C’était une provocation d’Interfel d’afficher une candidature si ouvertement opposée aux principes de l’agriculture biologique. Nos groupements économiques et nos adhérents paysans et paysannes ont développé la bio en respectant ces principes et en gagnant la confiance du consommateur. La Confédération paysanne et la Fnab ne cautionneront pas les dérives du label bio promues par l’interprofession ».

Emmanuel Aze, responsable de la commission Fruits et légumes de la Confédération paysanne explique : « dans ce refus d’Interfel de défendre une bio exigeante, on retrouve une incapacité plus globale à aider les producteurs à améliorer leur rémunération et la qualité de leurs produits ».

Pour la Fnab et la Confédération paysanne, « le choix du Président de la République de confier aux interprofessions la montée en gamme des produits agricoles et alimentaires montre ici sa limite. Par cette élection, le comité bio d’Interfel va en effet à l’encontre de la demande des citoyennes et des citoyens. Dans ce contexte, la Confédération paysanne et la Fnab préfèrent quitter le comité Bio d’Interfel ».

Réponse d’Interfel

Ce à quoi, Interfel a répondu (via également un communiqué) : « Une fois de plus, l’Interprofession rappelle que si elle respecte les positions individuelles de ses 14 membres, elle est aussi le garant des décisions prises collectivement. Le choix d’une stratégie de rupture lorsque l’on est mis en minorité après un vote démocratique ne nous semble pas la bonne attitude. De plus, et alors même que les discussions sont encore en cours entre les professionnels au sein du Comité bio sur de nombreux sujets, nous ne pouvons laisser diffuser des informations délibérément trompeuses : il n’existe pas de « label bio Interfel » et nous ne sommes pas « favorables à un Bio industriel ! » Pour poursuivre : Interfel n’est absolument pas favorable à un système de serres chauffées en agriculture biologique toute l’année. Elle rappelle simplement que le règlement européen autorise le chauffage des serres en AB. Pour autant, elle ne s’oppose pas à une évolution possible de ce guide de lecture, dans le respect du cadre communautaire. C’est pourquoi, dans le but d’éviter toute sur-transposition réglementaire pouvant conduire à des distorsions de concurrence pour les producteurs français, nous privilégions le dialogue interprofessionnel. Ainsi, l’Interprofession se mobilise pour assurer une totale transparence vis à vis du consommateur et éviter toute confusion portant sur des cahiers des charges AB divergents d’un pays à l’autre au sein de l’Union européenne. Il en va de l’intérêt des citoyens ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.