Le chauffage des serres « incompatible » avec la bio

de | 5 avril 2019

Le Comité national d’agriculture biologique (CNAB) devait se prononcer ce mercredi 3 avril sur l’interdiction du chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison. Devant l’absence de consensus, le vote a été reporté à juillet prochain. D’ici-là, la Fnab et le Synabio demandent « un moratoire sur les nouveaux projets de construction de serres chauffées en bio  ».

Pour les deux structures, le chauffage des serres est un « non-sens environnemental incompatible avec le label bio  ». A cet effet, la Fnab et le Synabio rappellent dans un communiqué commun que le cahier des charges bio (cf. article 3 du règlement (CE) 834/2007) impose le «  respect des cycles naturels  » et une «  utilisation responsable de l’énergie  ». Et soulignent les résultats de l’étude FoodGES de l’ADEME (qui permet de calculer le bilan gaz à effet de serre de soin alimentation) démontrant qu’une « tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de quatre fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et huit fois plus qu’une tomate produite en France en saison ». « Certains acteurs économiques croient pouvoir profiter de la forte demande en fruits et légumes bio sans changer leur modèle. Pourtant, le chauffage des serres implique une spécialisation des cultures qui appauvrit les sols, dès lors incompatible avec la démarche agronomique défendue par le modèle biologique  », ajoutent la Fnab et le Synabio. Les deux structures précisent avoir demandé, dès juin 2018, « une interdiction formelle de cette pratique » après avoir eu connaissance de « projets de conversion bio en serres chauffées en Bretagne et Pays de la Loire  ».

 « On ne peut pas calquer un modèle productiviste conventionnel sur une logique biologique qui suppose d’accepter une baisse des rendements et des contraintes de production plus fortes dont la saisonnalité fait partie. Si les nouveaux acteurs se positionnent au mépris de cette logique, ils détruiront ce que nous avons mis 40 ans à construire », déplore Sylvie Corpart, agricultrice bio représentant la FNAB au CNAB.

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