Revel. Soja bio : « En 1992, on nous a pris pour des fous »

de | 23 septembre 2019

 

TROPHEE REGION OCCITANIE DE LA BIODIVERSITE REMIS A SOJADOC CHEZ NUTRITION ET SANTE. Jean-Claude Chibarie (président de Sojadoc ; Taro Mikuriya (président du conseil de surveillance de « Nutrition & Santé » ; Laurent Hourquet (directeur général adjoint de N & S) ; Alain Chatillon et Bernard Storup.

En 1972, Alain Chatillon créait l’entreprise « Nutrition & Nature » (devenue aujourd’hui « Nutrition & Santé »), sur la place centrale de Revel. « Au début nous étions trois », expliquait-il lors de la présentation du trophée de la biodiversité 2019, remis par la Région Occitanie à l’association Sojadoc, pour son programme « Bienvenue aux abeilles » (voir encadré), face à 85 autres candidats. « Quand on a dit qu’on allait travailler sur l’alimentation et la santé, on nous a pris pour des fous », ajoutait celui qui depuis a cédé l’entreprise au groupe pharmaceutique japonais Otsuka et qui est devenu sénateur de Haute-Garonne.

Le tournant de 1993

L’entreprise qu’il a créée connaîtra un tournant déterminant en 1993 grâce à une rencontre avec un « illuminé », plutôt « baba cool », qui croyait fermement en l’avenir du tofu et les plats cuisinés à base de soja. « En 1993 j’ai rencontré Bernard Storup à Saint-Chamond et l’année d’après, je l’amenais à Revel où on ouvrait la première usine de transformation du soja ». Pour Alain Chatillon et Bernard Storup, pas question de faire des produits alimentaires de qualité avec du soja importé de l’étranger. « Dès le début, on a travaillé avec Jean-Claude Chibarie, premier producteur de soja bio de la région. Il était en avance et a entraîné les autres producteurs », explique Bernard Storup, qui a dirigé « Nutrition & Nature » avant de prendre la retraite il y a quatre ans. « On aurait pu faire venir le soja des Etats-Unis où il était 25 %moins cher, mais on a préféré miser sur du soja français. Parfois, il ne faut pas avoir peur de s’engager sur des choses qui sont peu rentables dans l’immédiat ».

800 agriculteurs sur près de 8000 hectares

En effet, le succès ne sera pas au rendez-vous immédiatement car cela demande un profond changement de mentalité des consommateurs mais aujourd’hui, la preuve est faite qu’ils avaient raison de prendre ce risque quand on constate par exemple qu’en 2017, 60 % des Français confirmaient avoir consommé au moins un produit à base de soja bio. Cela coulait donc de source qu’en 1998 soit créé Sojadoc, pour Soja d’Occitanie, avec « Nutrition & Santé » comme membre fondateur et qui est le siège de la structure présidée par Jean-Claude Chibarie. C’est une association qui regroupe agriculteurs, organismes stockeurs et transformateurs pour une filière Soja du Sud-Ouest, non OGM, en bio et en conventionnel.

Aujourd’hui, Sojadoc regroupe près de 800 agriculteurs qui cultivent du soja sur près de 8000 hectares, principalement en Haute-Garonne et dans le Gers.

Source : https://www.ladepeche.fr/2019/09/15/soja-bio-en-1992-on-nous-a-pris-pour-des-fous,8415060.php

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